[Parutions] Éditions Jacques Flament

Deux publications par les Éditions Jacques Flament :

  • pour le recueil L’instant Fugace (opus 2). Collectif.
    Deux textes très courts. Parution janvier 2018.

 

 

 

L’instant Fugace

L’instant fugace, c’est l’urgence qui s’impose en quelques phrases, l’évidence du texte fugitif qui éclaire, questionne, étonne, déconcerte.
L’instant fugace, c’est une certaine idée de l’écriture, un cri fulgurant enfanté dans l’euphorie de l’instant.
Bienvenue dans l’univers du court !
Jacques FLAMENT

En vente : http://www.jacquesflamenteditions.com

 

[contrainte : 800 à 900 signes]

 

texte 1 :

Le lendemain, la musique les a réunis. Au déhanché de la femme l’homme a enroulé ses pensées. Traînées jusque sur le plancher comme des notes passées oubliées laissant place à celles à venir à chaque saccade de ce corps observé. Corps rapprochés, des ronds de bassin contre son ventre rentré. La femme est dos à l’homme, des ronds de dos contre ses pectoraux. Bander son corps et la maintenir droite, balancer dans un même mouvement, comme la vague émergente enfle, ressac, se retire, et le mouvement qui revient puis s’essouffle chaque fois. Cadencé. Battement de corps. Elle, vanille, déploie des variations de parfums, dans les soubresauts de sa chevelure, de ses bras, autour du cou de l’homme, de ses cuisses, de l’homme à portée de main ; il pourrait y plonger les mains.

 

texte 2 :

Lorsque son front percuta la vitre, il me prononça, d’abord au sens propre : indélébile. À cause du sang sur le pare-brise. Sa dernière vision, rien ne l’effacera. Les essuie-glaces sont à l’extérieur. Quand une feuille s’y déposa.
Une journée d’automne, sa mère se tient derrière lui, les bras écartés. Fier de ses pas nouveaux, il foule du pied l’amas de feuilles mortes — que sa mère nomme alors, une mort légère et facétieuse, froissée sous le saule du jardin. Les premiers mots se mêlent aux derniers. Il ne se les rappelle pas, ce n’est pas sa mémoire. Et il ne saura retenir les derniers, ils échapperont à tous. Tout s’effiloche. Les images s’enchevêtrent, effrangées comme les pages d’une vie, comme les coulées d’eau déclives sur le pare-brise, que l’air d’automne en bourrasques boursoufle. Indélébile. La pluie ne dilue ni n’efface le sang. Les essuie-glaces sont à l’extérieur.

 

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